
L’industriel Bernard Dumas, spécialisé dans les médias filtrants et les séparateurs de batteries, s’engage dans la transition énergétique : il implante une chaufferie biomasse à Creysse (24), en partenariat avec ENGIE Solutions, pour produire sa vapeur de process de manière durable. L’occasion de vous présenter un sujet d’actualité essentiel : le rôle des chaufferies biomasses dans la production de vapeur décarbonée, et leur fonctionnement.
La production de vapeur constitue un pilier énergétique essentiel pour de nombreux procédés industriels, notamment dans la fabrication de papiers filtrants ou de séparateurs de batteries, où la chaleur intervient pour le séchage et le traitement des composants. Historiquement dépendante des énergies fossiles, cette production est désormais au cœur des stratégies de décarbonation industrielle.
Dans notre cas, la chaufferie biomasse de Bernard Dumas repose sur la combustion de matières organiques – plaquettes forestières, granulés de bois et déchets agricoles – dans un foyer à grille mobile. La chaleur dégagée est transférée à l’eau circulant dans les tubes de la chaudière, générant de la vapeur sous pression. Dans ce cas précis, la vapeur produite atteint environ 10 bar et 180–200 °C, correspondant aux besoins thermiques des procédés industriels du site.
Le rendement global de la chaudière est supérieur à 90 %, grâce à l’optimisation automatisée de la combustion, la récupération de chaleur sur les fumées et l’utilisation de cendres valorisables. Des filtres à manches et systèmes électrostatiques limitent les émissions de particules à moins de 20 mg/Nm³, respectant les normes environnementales françaises et européennes. La production annuelle prévue est de 21,5 GWh de chaleur, soit l’équivalent de 1,7 million de litres de fioul, offrant à l’industriel une réduction immédiate de son empreinte carbone et une meilleure stabilité des coûts énergétiques.
Pour les sites industriels, le remplacement des chaudières fossiles par une chaudière biomasse présente des bénéfices techniques et opérationnels clairs. Le dimensionnement repose sur l’évaluation précise des besoins thermiques : une fois installée, la chaudière biomasse peut fonctionner en continu, alimentée par des automates industriels régulant le débit de combustible, la ventilation et la pression vapeur. Cette régulation garantit une production stable, essentielle pour les procédés sensibles comme le séchage des produits ou le traitement de matériaux composites.
La flexibilité est un autre avantage clé. La chaudière gaz existante peut rester en secours, assurant une alimentation continue en vapeur lors des arrêts pour maintenance ou en cas de variations de la qualité de la biomasse. La combustion de biomasse étant considérée comme neutre en CO₂ fossile, la substitution du gaz naturel par ce combustible renouvelable permet d’éviter 76 095 tonnes de CO₂ sur 15 ans, contribuant de manière significative à la trajectoire bas carbone du site.
D’un point de vue économique, la biomasse locale offre une stabilité des coûts supérieure aux énergies fossiles et peut valoriser des sous-produits industriels ou agricoles. La récupération de chaleur et la haute performance énergétique de ces chaudières contribuent à réduire la consommation globale d’énergie, améliorant l’efficacité du site de process. De plus, l’entretien et le suivi de ces installations sont simplifiés par des systèmes automatisés et des partenariats d’exploitation longue durée, comme le contrat de 15 ans signé avec ENGIE Solutions.
Le projet Bernard Dumas et ENGIE Solutions illustre l’importance des partenariats industriels pour réussir la transition énergétique. Le soutien de l’ADEME, via le dispositif BCIAT (Biomasse Chaleur pour l’Industrie, l’Agriculture et le Tertiaire), permet de cofinancer les installations tout en respectant des critères techniques et environnementaux stricts. Ce financement sécurise l’investissement et facilite le déploiement de solutions énergétiques décarbonées.
La mise en service industrielle est prévue début 2027, marquant une étape majeure dans l’atteinte des objectifs de neutralité carbone de Bernard Dumas et de son groupe Hokuetsu Corporation à l’horizon 2050. Ce projet démontre qu’une substitution raisonnée des énergies fossiles par la biomasse peut offrir une autonomie énergétique accrue, réduire les émissions de CO₂ et améliorer la résilience des sites industriels face à la volatilité des prix de l’énergie.
En combinant efficacité technique, régulation avancée et intégration environnementale, la chaudière biomasse devient un levier concret de décarbonation industrielle, tout en garantissant la continuité et la performance des processus thermiques. Elle représente ainsi une solution mature et reproductible pour d’autres sites industriels cherchant à concilier production de vapeur, transition énergétique et optimisation économique.
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