
Adoptée à l’échelle européenne, la directive NIS2 (Network and Information Security) instaure un cadre réglementaire strict en matière de cybersécurité pour des milliers d’entités dites “essentielles”. En imposant aux opérateurs de secteurs critiques — tels que l’eau, l’énergie ou les transports — le déploiement de mesures de protection techniques avancées et des obligations de signalement d’incidents, cette directive transforme la sécurité des réseaux opérationnels (OT) en un impératif légal absolu.
L’eau et l’énergie constituent des piliers structurants de l’économie, soutenant l’ensemble des activités productives d’un pays. Leur stabilité étant directement liée à la performance des territoires, la sécurisation de ces réseaux représente un impératif autant opérationnel que de souveraineté. Avec l’entrée en vigueur de la directive européenne NIS2, les exploitants de ces infrastructures critiques doivent renforcer en profondeur leur gouvernance cyber et la résilience de leurs installations. Pour les accompagner dans cette transition complexe, l’industriel français LACROIX déploie une architecture IoT globale alliant matériels sécurisés et plateforme d’orchestration logicielle.
La modernisation des réseaux d’eau et d’énergie repose sur une numérisation croissante des infrastructures de terrain. Si le déploiement de capteurs connectés et d’automates de supervision distante améliore drastiquement la performance et la continuité de service, cette évolution élargit mécaniquement la surface d’exposition aux cybermenaces. Face à cette vulnérabilité inhérente aux réseaux opérationnels (OT), la cybersécurité ne peut plus être traitée comme une option ajoutée a posteriori : elle devient une exigence structurelle de premier plan qui doit être pensée et pilotée dans la durée.
Pour contrer les risques d’intrusion au plus près du processus physique, la première ligne de défense se situe au niveau de l’équipement. Anticipant l’application du Cyber Resilience Act européen prévue pour décembre 2027 , les équipes de R&D de LACROIX intègrent les principes du “Secure by Design” en s’alignant rigoureusement sur le référentiel international IEC 62443. Cette démarche garantit la fourniture de produits industriels robustes, résilients et conçus pour répondre aux obligations de sécurité sur l’ensemble de leur cycle de vie, depuis leur fabrication jusqu’à leur exploitation sur site.
Au-delà de la robustesse matérielle, l’efficience d’un réseau télé-géré exige une supervision logicielle hautement sécurisée. La plateforme LX CONNECT, déjà déployée auprès d’une centaine d’exploitants publics et privés, agit comme la brique maîtresse de cette architecture de télégestion. Elle permet d’automatiser la gestion des certificats et des accès de sécurité, d’assurer une traçabilité complète des interventions et de piloter le déploiement des mises à jour logicielles de l’ensemble du parc d’équipements. En normalisant et en protégeant les flux de données, le système garantit une interopérabilité fluide avec les architectures SCADA existantes.
Cette vision à long terme permet de transformer la stricte obligation de conformité imposée par NIS2 en une véritable opportunité stratégique, favorisant la création de valeur et la confiance dans les données industrielles. Pour guider les décideurs techniques dans cette démarche de sécurisation, le fabricant a d’ailleurs regroupé ces méthodologies au sein d’un nouveau livre blanc dédié à la transformation digitale de ces réseaux critiques, que vous trouverez en cliquant ici.
Encart Technique – Télégestion et réseaux intelligents : la réalité du terrain industriel
Dans les secteurs de l’eau et de l’énergie, l’exploitation repose sur des technologies opérationnelles pilotant directement le monde physique : pompes, vannes, compresseurs et automates programmables industriels (API). Historiquement isolés en vase clos, ces équipements mécaniques sont aujourd’hui massivement connectés pour former des réseaux intelligents (Smart Grids pour l’électricité, Smart Water pour le cycle de l’eau).
Cette modernisation de l’infrastructure s’appuie sur la télégestion. Des unités locales de contrôle et des boîtiers IoT industriels, conçus pour résister à des environnements sévères (humidité, variations thermiques), sont déployés directement sur les canalisations ou dans les postes de transformation. Ils mesurent en continu des grandeurs physiques réelles (pression, débit, tension) et pilotent les actionneurs à distance. C’est cette remontée de données vers les systèmes de supervision qui permet aux exploitants d’équilibrer la charge d’un réseau électrique ou de localiser instantanément une fuite d’eau enterrée. Le défi industriel contemporain consiste donc à maintenir la disponibilité absolue de ces processus mécaniques tout en sécurisant la couche numérique qui les orchestre.
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